Dans ce récit personnel, je raconte ma vie en Tunisie du point de vue d’une Suissesse – entre choc culturel, infrastructure un peu chaotique, galère du quotidien et le sentiment d’être plus vivante que jamais malgré tout. Le texte montre sans filtre ce que peut vraiment être la vie en Tunisie, sans enjoliver ni idéaliser la vie d’expatriée.
Écrit par quelqu’un qui n’a pas survécu dans la dignité
Je suis de retour en Suisse pour quelques jours et je suis assis dans mon ancien appartement comme quelqu’un qui a fait un voyage dans sa vie d’avant. Tout me semble familier, et pourtant j’ai du mal à croire que j’ai vécu comme ça autrefois. Avec des feux de signalisation qui fonctionnent. Avec des ceintures de sécurité qui se ferment. Avec des tomates qui n’essaient pas de me tuer.
Vivre en Tunisie – Le choc culturel entre la Suisse et le quotidien
Quatre mois en Tunisie m’ont changé.
Pas spirituellement.
Plutôt dans le genre „chat de gouttière sauvage qui en a trop vu”.
La Tunisie te donne des hauts où tu te sens invincible et des bas où tu envisages brièvement de retourner en Europe à la nage. J’ai ri comme une idiote, j’ai pleuré en public, je me suis ridiculisée à plusieurs reprises et, d’une certaine manière, j’ai quand même continué.
Et maintenant que je suis en Suisse pour une courte visite, le contraste me frappe comme un taxi mal garé : La Tunisie est un chaos déguisé en pays.
Rien sur Internet ne te prépare à cela. Rien.
Tu veux de l’eau, de l’électricité, de la nourriture, des transports, des conditions de survie de base ?
Bonne chance à tous. La Tunisie te confronte avant le petit-déjeuner à une énigme, un défi et parfois une crise existentielle.
Trafic ?
Un piège mortel abandonné de Dieu.
Les ceintures de sécurité n’existent pas, sont cassées ou enfouies sous les affaires du chauffeur de taxi de 2008.
Et si l’infrastructure ne te tue pas, le conducteur le fera peut-être.
De l’électricité ?
Une seule averse peut paralyser tout le quartier pendant dix jours.
Apparemment, tout doit „sécher”. Même les feux de signalisation. Même l’univers.
Cuisinières à gaz ?
Éteins à chaque fois la vanne principale.
Fais-moi confiance.
Rien en Tunisie ne fonctionne comme ton esprit suisse le croit.
Sécurité alimentaire ?
Les tomates te regardent.
Certains vont bien.
Certains perdent l’envie de vivre.
Certains préparent des crimes.
On apprend à choisir les moins suspects, à les laver soigneusement, puis à manger sa salade comme une guerrière.
La Tunisie murmure : „Tu vois ? Tu as survécu. Arrête de te plaindre“.“
Ce que la vie en Tunisie m’a apporté
Et oui, la Tunisie m’a rendu plus fort.
Cela m’a obligé à m’exprimer, à m’adapter, à me battre à 7 heures du matin contre des alarmes défectueuses et à crier sur des voisins âgés qui les déclenchent sans cesse.
La politesse suisse est morte quelque part entre la dixième panne d’électricité et la troisième tomate qui explose.
Mais malgré toute cette folie, la Tunisie me donne quelque chose que la Suisse ne m’a jamais donné : le sentiment d’être incroyablement vivant.
Pas en sécurité. Pas confortable.
Vivant.
La Tunisie est chaotique.
La Tunisie est désordonnée.
La Tunisie est un piège mortel.
Mais on s’y habitue, comme à une plante du désert tenace qui refuse de mourir.
Et malgré tout – le danger, la confusion, les tomates avec des arrière-pensées – je ferai de ce pays ma patrie.
- Ma vie de tous les jours en Tunisie est marquée par l’instabilité, l’improvisation et des petites crises à gogo.
- Les infrastructures, les transports et l’approvisionnement ne sont souvent pas fiables.
- Le choc culturel est surtout fort quand on compare avec la Suisse.
- En même temps, je trouve qu’il y a plus d’intensité et de vie en Tunisie.
- Ce texte n’est pas un guide, mais juste un récit de mon expérience perso.

